2011 – Les Botanistes Voyageurs

 

Depuis la nuit des temps, hommes et plantes ont toujours voyagé de conserve, à la recherche d’un coin de terre où s’enraciner ensemble.

L’explosion botanique eut lieu à la fin du XV siècle, quand les caravelles de Colomb se heurtèrent au littoral américain et que celles de Vasco de Gama atteignirent les Indes aux épices.

Du couchant, les Espagnols rapportèrent surtout, en attendant l’or, des plantes alimentaires nouvelles : pomme de terre, maïs, haricots, tomate, ananas….De l’Extrême-Orient, les Portugais ouvrirent une véritable autoroute pour les épices qui, jusqu’alors, étaient distillées, graine après graine, par les fournisseurs arabes aux marchands vénitiens.

Cependant loin de la grande braderie aux épices, quelques hommes, des Italiens, des Germaniques puis des Français entreprennent d’étudier, d’analyser, de répertorier, de cultiver ces plantes nouvelles.

Un peu partout en Europe des jardins botaniques font leur apparition. En France, cela démarre à Montpellier, autour de sa prestigieuse faculté de médecine, car se sont avant tout des médecins qui s’intéressent à cette aventure dans le but de soigner. Cette institution se développe et certains médecins qui sont aussi des botanistes voyageurs partent désormais sous la protection royale. De ce fait la recherche médicale passe au second plan, « un droguier » devient « un cabinet royal des plantes ».

 La botanique est née, elle connaît son apogée au siècle des Lumières entre 1715 et 1789. Au XIX siècle, siècle d’acier et de plomb, avec la première révolution industrielle, elle marquera le pas au profit de laboratoire et de la chimie.

L’aventure continue toujours aujourd’hui. Sur des « radeaux des cimes », des botanistes survolent au ras des pâquerettes haut perchés les forets d’Amérique du Sud, de Nouvelle-Guinée et d’autres pays. Et d’autres pénètrent au fond des océans pour y découvrir des dizaines de plantes.

Dans le monde entier des scientifiques-botanistes continuent d’étudier les pollens, l’ADN, la systématique, la phylogénie, l’évolution. Leurs motivations sont les mêmes que celles de leurs aventureux aînés : soif de découverte, de connaissances, d’horizons nouveaux. Mais surtout de faire œuvre utile, de mieux connaître la nature dans sa diversité, pour mieux la défendre, et la protéger.

Nous allons faire voyager les enfants dans le sillage de ces botanistes voyageurs, leur faire explorer des épices à  travers le toucher , l’odorat , le goûter. Ils vont pouvoir récolter tout au long de leur parcours,des échantillons. Et ils continueront l’aventure créative dans la Grange.