Dossier Pédagogique de Soyons Curieux pour les enseignants de primaire
Introduction
Au cours des ateliers « Soyons Curieux » du mois de mai 2010, nous allons découvrir, avec les 55 classes de Sorgues invitées cette année au Domaine de Brantes, l’univers du conte. Les contes évoqueront l’histoire du patrimoine de Sorgues et de ses environs. Nous entendrons en particulier l’histoire de la Monnaie du pape, de la maison de la Reine Jeanne, de la première Montgolfière en Provence, du Magnolia Grandiflora, et la présence pendant quelques mois des peintres Braque et Picasso.
Voici un résumé de ce qui pourra être entendu au cours des ateliers.
Pont de Sorgues
Il était une fois une petite ville du Comtat Venaissin connue jadis sous le nom de « Pont-de-Sorgues ».
Sept papes successifs, de Clément V à Grégoire XI, tous français, ont résidé en Avignon de 1309 à 1376. Ils retournèrent à Rome quand la ville y avait retrouvé la paix.
Le pape Jean XXII (1316-1334) fit construire à Pont-de-Sorgues un château d’été, au bord des 2 rivières, pour s’y reposer en été avec ses conseillers. Ce château fut vendu à un particulier à la Révolution française, transformé en carrière de pierres pour les maisons voisines en 1800, et aujourd’hui il ne reste que quelques fondations derrière l’église actuelle de Sorgues.
Pour gérer l’administration pontificale au cours de ces 562 années (1229-1791) dans le Comtat Venaissin, de nombreuses familles venues de Florence et d’ailleurs en Italie se sont installées en Avignon avec la papauté. Ce qui fut le cas de la famille del Bianco, originaire de Florence, arrivée en Avignon en 1600 avec le métier de « pagadour », (en provençal) ou payeur des troupes pontificales. C’est la famille del Bianco (ancêtre de la famille de Brantes actuelle) qui acheta en 1619 le Domaine de Brantes pour venir, comme les papes, s’y reposer l’été.
ATELIER MONETAIRE
Il était une fois dans la petite ville de Pont-de Sorgues un atelier monétaire. Cet atelier existe dès l’époque des Comtes de Toulouse qui y frappent en grandes quantités les deniers « raimondins » au type du soleil et de la lune.
C’est à partir de 1300 que cet atelier, connu alors comme l’Hôtel des Monnaies, commence à frapper la monnaie pontifical.
Il y a eu transfert de l’atelier monétaire de Sorgues en Avignon après l’achat de la ville par Clément VI en 1348.
Nous allons découvrir grâce à un jeune numismate de Sorgues une collection de monnaies qu’il a trouvé lui-même dans les prairies les champs du Domaine de Brantes.
MAISON DE LA REINE JEANNE
Il était une fois, à l’angle de la rue de la Tour et de la rue du Château, un vieux logis remarquable connu sur le nom de « Maison de la Reine Jeanne».
Cette maison date du XIVème siècle.Ce lieu était voisin du Château Pontifical.
Dans son intérieur, a été trouvé en 1936, derrière plusieurs couches d’enduit , de magnifiques fresques qui témoignent des mœurs de cette lointaine époque.
Ces peintures murales, une merveille d’un point de vue artistique, sont aussi une source d’informations : en observant les personnages, leurs vêtements, leur coiffes, les objets et animaux représentés, ainsi que les paysages et scènes de vie, nous pouvons voyager à travers le temps .
Ces fresques ont été transférées au Musée du Louvre (Paris) et au musée du Petit Palais (Avignon).
La première Montgolfière en Provence
Il était une fois un amateur distingué des sciences physiques et chimiques : le marquis de Brantes. Celui-ci était inspiré du travail des frères Montgolfier et il a imaginé un appareil spécial pour gonfler des ballons.
C’est dans son Domaine de Brantes, à Sorgues, qu’eut lieu la première ascension, en Provence, d’une montgolfière en 1784.
Un journal du temps raconte, le 20 janvier 1784 : « hier vers 2 heures de l’après midi, tous les habitants d’Orgon , ainsi que de Saint-Rémy , découvrirent en l’air un ballon aérostatique qui paraissait fort petit . Ce globe de papier, rayée de rouge et de blanc avait 21 pieds (6m82) de haut sur 12 (3m90) de diamètre ; ou il était attaché un écrit constatant que le globe était parti de Sorgues à 1 heure et quart » . Le ballon a donc fait un trajet de 6 lieues (24 km) en 49 minutes.
Heureux de ce succès, le marquis fit construire un grand aérostat muni d’appareils plus perfectionnés. L’ascension a eu lieu dans la partie du domaine au bord du canal de la Sorgue, en face de la station du chemin de fer. Le ballon avait 13m de diamètre.
Il était une fois un Magnolia Grandiflora qui régna dans le jardin de Brantes depuis plus de deux siècles. Il est un des plus vieux de France.
Cet arbre arrive d’Amérique du Nord, de la Louisanne, à bord du bateau Saint-Michel à Nantes au port de Paimbeuf vers 1711. Il est planté au Domaine de Brantes à la naissance de Sibylle de Brantes, fille du Marquis Marc Louis de Brantes. Celui-ci comme tant d’autres hommes de sa génération au XVIIIème siècle est passionné par la Botanique.
D’où vient le nom ? C’est Charles Linné (1646-1706), botaniste de Louis XIV qui donna le nom de Magnolia, en reconnaissance des travaux botaniques de Pierre Magnol (1648-1715) de Montpellier
Picasso et Braque à Sorgues
Il était une fois deux villas à Sorgues, où vécurent pour quelques mois, deux peintres de grandes renommés qu’ont signés des chef- d’œuvres.L’un est Picasso, l’autre est Braque.
Pablo Picasso, est un peintre, dessinateur et sculpteur espagnol qui a vécu toute sa vie adulte en France.[ ] Fondateur du cubisme avec George Braque, artiste français, il est l’un des artistes le plus connus au monde. Picasso a réalisé ses premiers tableaux à l’âge de huit ans.
Il séjourne à Sorgues entre juin et septembre 1912.Il y avait, à l’époque, un tramway qui reliait Sorgues à Avignon à travers une splendide avenue de platanes au feuillage touffu. Ce tramway était appelé « Le Buffalo » à cause des petites rideaux à raies verticales dont il était orné, à l’instar des tramways de l’Ouest américain qui étaient alors à la mode .Picasso a certainement découvert Sorgues en prenant ce tramway pour fuir la chaleur d’été d’Avignon, comme le faisaient déjà les papes et tous ceux qui y avaient une « grange » ou maison de campagne.
La campagne sorguaise, cloisonnée de cyprès, baignée de cours d’eau multiples a certainement enchanté Picasso qui a loué la villa « Les clochettes » située en face de l‘actuelle école Jean Jaurès, où il s’installa pour peindre, avec sa femme Eva.
Bientôt son ami, George Braque et sa femme Marcelle viennent aussi s’installer à Sorgues dans la villa « Bel Air », sur le chemin d’Entraigues.
C’est dans son atelier à Sorgues que Braque commence à faire ses premiers œuvres de collage. Dans « Le Portugais », par exemple, il ajoute des lettres et des chiffres peints au pochoir. Armé des ciseaux et de colle, Georges Braque introduit dans sa peinture des collages, que ce soit de papiers peints, de journaux, d’affiches. Cette technique est appelée « papiers collés », l’un de plus importants moments de l’histoire du Cubisme.
Photo Gallery
Bibliographie
-« Le patrimoine historique, valeur sûre de la commune de Sorgues » , Nicolas Brusset
-« Histoire de a ville de Sorgues » , M. Bezet
-« Histoire de Sorgues » , Louis Desvergnes
-« En descendant La Sorgue au début du siècle », Jean Bouvet
-« Avignon au temps des papes » Ed. Le Dauphinè
-« Sorgues : regards proches et lointains » , Etudes Sorguaises
-« Sorgues : des figures et une histoire derrière le nom de nos rues » , Etudes Sorguaises
-« Sorgues : Braque ,Char, Picasso, Tortel » Etudes Sorguaises
-« La chronique d’Avignon » , Hervé Aliquot



















